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Plus envie...

par le dans JauneVie
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Plus envie…

La conscience professionnelle c’est un truc compliqué quand même.

C’est bien tu vois, parce que ça montre un sérieux et un engagement vis à vis de ton travail. C’est important pour moi, chaque projet que j’accepte devient un peu mon projet.
Pourtant j’en arrive à un point actuellement ou je n’ai plus envie.
J’ai envie de laisser tomber le projet sur lequel je suis.

Déjà j’y suis depuis trop longtemps.
Effectivement, je prends un peu de la responsabilité sur ce point la car je n’ai pas été aussi dispo que je l’avais prévu au moment ou j’ai commencé à bosser dessus.
J’ai accepté ce projet juste avant ma démission, pensant être libre et dispo une fois ce préavis terminé.

Erreur.

Les choses se sont enchaînées et je me suis retrouvé à un nouveau poste d’assimilé salarié (lol) tout en étant indépendant et en mode agence, bref l’adaptation compliquée même pour un maco polyvalent comme moi.

Ensuite ? Mon pc me lâche pendant 2 semaines. Ça ralentit mon workflow.
Ensuite ? Accident de moto…
Ensuite ? Non c’est bon quoi on va pas abuser.

Je me rend compte que j’ai, certes, accepté de prendre ce projet pour de bonnes raisons: c’était un beau défi et un projet sympa que j’avais envie de mener à bien, pour une fois que je peux m’exprimer complètement dans ce type de création web c’est cool.

Seulement je n’ai pas écouté les signaux qui auraient du m’alarmer.

1 - Le client me doit déjà de l’argent pour une prestation passée.

Et moi étant gentil, patient et motivé par quelque chose de plus fort qu’un loyer, j’ai laissé passer.
En plus mon acompte pour ce nouveau projet est arrivé sans aucun effort. Comme pour boucher mes yeux

2- Le projet n’a qu’un semblant de cahier des charges.

Un trello brouillon rempli de cartes et de documents, avec des collaborateurs multiples, youhou ça à l’air fourni c’est cool on va pouvoir avancer correctement.
Gravissime erreur.
En vérité rien n’est défini. Le besoin est flou, les attentes ne sont pas nettes. Pas de maquettes, pas d’UX… Je ne suis pas designer

3- Je sous traite et n’ai pas de contact direct avec le client final.

Perte de temps, questions ET réponses déformées, perte de temps…
Vous voyez le jeu du “téléphone arabe” ? Imaginez le même avec des termes technique, différents niveaux de compréhensions…
Je vous épargne les détails, ce serait trop long et pas vraiment pro au final. Je ne suis pas la pour cracher sur qui que ce soit.

En vrai, je suis tiraillé par deux envies.

Celle de faire le max en peu de temps pour corriger, terminer et enfin boucler ce projet afin d’en finir.
En espérant que ma facture finale soit réglée.

Celle d’abandonner, d’envoyer tout le monde se faire entuber et d’assumer les différents crachats sur mon sérieux, ma rigueur et mon talent par la suite.

En vrai, la question de réputation n’a que très peu d’impact pour moi.
Je ne cherche pas la notoriété et je sais que je fais mon max pour répondre aux attentes de mes clients. J’en fais même trop.

Dans les deux cas, “le développeur” sera toujours celui en cause dans la finalité que ce soit pour mon client ou le client final. C’est “le développeur qui prend du temps”, “le développeur qui n’a pas compris”, “le développeur qui ne répond pas”, “le développeur qui nous à lâché” etc, etc.

Ma conscience pro me fait me mettre à la place du client final, celui qui a fait confiance à un prestataire qui lui a vendu toute sorte de choses et qui se retrouve ralenti, voire freiné par la mise en place réelles de ces choses.

Les jours à venir nous dirons ce que j’en ai fait.
Je doute pouvoir dormir correctement (du peu que je dorme déjà) sans mener à terme ce projet.

Ce sera en tout cas une leçon pour le futur.

Même si je bosse seul sur un projet, je dois instaurer un fonctionnement rigoureux pour la gestion de projet.
Que les attentes soient définies, fixées et non modifiables durant le développement, afin de pouvoir avancer correctement, avoir un rendu fonctionnel. Et pouvoir itérer par la suite s’il faut corriger, améliorer ou modifier le fonctionnement.

En gros, que tout le monde soit content en tout temps.

C’est quelque chose qu’on a survolé à l’école. À l’époque on était orientés vers de l’exécution et pas de la gestion ou de la direction donc on n’a pas vraiment saisi l’importance de ces méthodes et bonnes pratiques dès le départ.

La vie est un apprentissage constant ! Je suis bien content de pouvoir apprendre encore et encore…

Allez je vais me mettre au boulot. (ou pas)

Photo de Jo Szczepanska via Unsplash