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Burnout ? Non c'est pour les autres ça…

par le dans JauneVie
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Burnout ? Non c’est pour les autres ça…

Je suis passionné par mon travail, réellement. Je suis naturellement curieux (maco), génétiquement concentré, j’aime aller chercher le pourquoi du comment, m’expliquer jusqu’à compréhension complète de mon point de vue…

En bref j’ai tout pour exceller, et je penses être bon, voir très bon dans mon domaine. Et quel est mon domaine en réalité ? Moi même je ne saurais vous répondre. Je suis catégorisé comme développeur, web ? fullstack ? polyvalent ? Comme vous voulez, j’aime développer, j’aime créer.

Et pourtant j’en peux plus. Je suis à bout.

J’ai démissionné il y a 3 mois maintenant, de mon emploi salarié en tant que développeur. Je pensais que c’était le job mon problème, la lenteur des décisions, l’incohérence des actions, la routine salariale, l’abus de hiérarchie, le micro management et autres “bonnes pratiques” issues de nulle part qu’impose la société comme “normal”. Bon, je n’étais pas non plus “bien payé”.

Bref.

J’ai été soulagé pendant 5 jours. Après avoir vidé mon bureau et salué une dernière fois mes collègues (en vrai j’ai dit au revoir à personne, flemme). J’étais content, première démission, une nouvelle page se tourne, à moi la liberté retour dans l’aventure.

L’entrepreneuriat, car j’aime créer, j’ai envie d’innover, j’ai des idées à réaliser.

OUI MAIS. Vous le savez, je déteste cette interjection.

J’ai démissionné pour avoir plus de temps pour moi, pouvoir bosser sur mes projets, avancer. M’octroyer du temps pour mes passions, reprendre les sports, les sorties. Vivre.

Vivre, ces 3 derniers mois, j’ai plus l’impression d’avoir été loué (pas cher). Et c’est principalement de ma faute. J’ai accepté, j’ai décidé, j’ai signé. Opportunité, rester positif malgré des doutes avant-coureurs et paf, me voila à faire des choses que je n’aime pas faire, que je ne veux pas faire.

Bosser dans l’urgence, Travailler sur des thématiques que je n’aime pas, ne pas être maitre de mon temps, être jugé. Rien de bon pour ma santé mentale, mon plaisir et mon épanouissement.

Je me retrouve entrainé dans l’urgence d’autrui, le travail à flux tendu et cette désorganisation se déverse dans mes autres projets, le reste de ma vie et même dans mes rêves. Ouai meme si je dors 3h par nuit j’arrive à rêver un peu.

Nuits blanches, Appels intempestifs, remontrances, clients mécontants et évidemment c’est le prestataire (moi) qui sous traite au final qui est à l’origine du problème. On aime.

J’ai fini par me prendre un 4X4 dans la gueule, casser ma moto qui m’apporte tant de plaisir, mettre de la peur dans la vie des gens qui m’aiment (ouai vous êtes quelques uns) tout ça parce que j’ai laissé les rennes de ma vie au contrôle d’autrui pour pouvoir manger un minimum.

Je ne suis toujours pas “bien payé” au fait ahah.

L’accident fut le résultat du cumul de mes choix passés. Je suis autant fautif que le chauffeur qui s’engage avant de regarder des deux côtés. (aux yeux de la loi je ne suis pas en tort hein, qu’on soit clairs !)

Maintenant je suis censé me reposer, pour me rétablir. Et dans la pratique je ne peux pas, je dois produire, livrer, assurer, répondre quand on m’appelle. Être professionnel quoi ? Alors que je boîte, je douille… é an lass. Je me sens à la fois amoindri, usé, fatigué. Je dépend d’autrui et je ne peux toujours pas faire ce que je veux. Mes plans ont encore une fois été chamboulés.

Et financièrement, c’est à la fois compliqué et très simple. J’ai de l’argent mais ce n’est pas mon argent. Je travaille encore POUR l’argent alors que je sais que ce n’est pas ce qu’il me faut. En même temps il me faut du temps pour mettre en place des systèmes. Et c’est ce qu’il me manque crucialement à l’heure actuelle. Du temps.

Je vous l’avoue cet article n’a pas vocation à être publié, j’arrive simplement pas à exprimer ouvertement ces ressentis.

Suis-je en dépression ? J’en doute.

Je suis foncièrement positif et même après avoir écrit autant de plainte, je suis content. D’avoir pu soulager cette accumulation qui pèse. De savoir que mon contrat de prestation se termine plus tôt que prévu et que je vais pouvoir me recentrer rapidement. (En gros, on m’a “viré” avec 30 jours de préavis) De n’avoir rien de cassé, et de ne pas être en tort par rapport à l’accident. D’avoir cette femme qui m’aime à côté de moi sur qui je peux m’appuyer pour avancer (littéralement). Celle qui lira ce texte et me dira malgré tout que ça ira, c’est juste une période compliquée. Je suis aussi content d’avoir des amis qui sont dans l’action et comprennent ces choses même si je ne leur en parle pas spécialement, voir leur évolution ça motive. Je suis aussi super heureux de pouvoir écouter l’album Frékans du 142 Désibèl pour apaiser mon esprit. placement de produit : Spotify Mon abonnement spotify n’a pas encore été coupé, ça va.

Puis je n’ai que 26 ans, mieux vaut vivre ça à 26 qu’à 54. D’ailleurs, j’ai rencontré un motard hier qui a subi son premier accident, multiples fractures, il a souligné qu’il sent bien que ses os ne sont plus ce qu’ils étaient.

Morale de l’histoire : Mieux vaut tomber tôt, ça laisse plus de temps pour assurer ses pas futurs.

Ça y est mon envie d’écrire est satisfaite. 00h14.

Pisse de lambi et confettis biodégradables 100% végan. A+ les cocoyops.