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Allô Docteur ? Jaune suis malade

par le dans Business
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Docteur,

Je crois que je suis malade,

selon Internet j’ai un cancer de la pauvreté ou une allergie pécuniaire. Je crois que je suis atteint d’un syndrome d’enrichissement perpétuel. Je vois des sources de revenus partout.

Je ne peux pas tomber malade, pas maintenant.

J’ai ressenti les premiers symptômes il y a déjà deux ans en saisissant mes premières opportunités.
Mais je n’ai pris conscience de ma maladie que récemment, assis face à un plan d’eau à discuter avec un ami. De quoi parlions-nous ? Des moyens de rentabiliser ce dit plan d’eau, et on en a trouvé un bon paquet… Je vois des billets partout.

C’est grave docteur ?

J’ai tous les jours de nouvelles idées, pas forcément révolutionnaires, mais qui en général vont à l’encontre du système de fonctionnement traditionnel.

Je crois que suis innovant,

j’ai toujours redouté cela. On m’a pourtant dit de me protéger, de bien regarder les publicités et d’enchaîner au moins 2 journaux télévisés par jour pendant les repas, d’écouter les avis d’obsèques dans la voiture pour être de bonne humeur dans les embouteillages du matin.
Y-a-t-il un traitement ou suis-je forcé d’être comme ça toute ma vie ?
En marge de la société, en avance sur mes camarades du même âge…

Non ce n’est pas possible Docteur, donnez moi un traitement. Pitié !

Je n’ai pas le temps de devenir riche, je dois trouver un emploi stable et gravir les échelons pour avoir des augmentations… Je dois faire ce pour quoi j’ai payé cette école si cher, sinon à quoi tout cela aurait servi ? Je me dois de suivre le chemin de mes parents. Faire une carrière comme mon père, pour pouvoir profiter de la retraite pour laquelle j’aurais cotisé toute ma vie… J’ai déjà perdu trop d’années de cotisation à cause de cette maladie. Moi aussi je veux être si heureux au travail que je repousse chaque année mon départ en retraite, je veux me faire opérer plus tard à cause des taches compliquées que j’aurais trop souvent répété et des heures supplémentaires quotidiennes que j’aurais fait gracieusement… Non s’il vous plait docteur,

Ne me laissez pas devenir riche,

abrégez mes souffrances avant que je n’atteigne le stade de l’indépendance financière, je ne veux pas que mes proches aient à subir tout ça, je les aime trop.

Je n’en peux plus, Docteur, soignez-moi s’il vous plait…